« Nous devenons des citoyens du monde » : la RUDN dresse le portrait de ses étudiants africains
Spoiler : il vient le plus souvent d’Angola, du Nigeria ou d’Éthiopie, mais pas uniquement, et veut devenir médecin, économiste ou ingénieur. Il est convaincu que la maîtrise du russe est indispensable à son évolution professionnelle, et il n’a pas hésité une seconde à choisir la RUDN : il est difficile de trouver au monde une université au corps étudiant plus international et à l’atmosphère plus amicale. D’autant que le mot « amitié » figure jusque dans son nom.
D’où viennent les étudiants africains
Les étudiants africains de l’Université russe de l’Amitié des Peuples viennent le plus souvent d’Angola, du Nigeria, d’Éthiopie, du Cameroun et du Tchad.
Les étudiants originaires des pays d’Afrique représentent environ un cinquième de l’ensemble des étudiants étrangers de la RUDN, soit plus de 2 500 personnes sur 13 000. Les deux premières places reviennent aux étudiants d’Asie (plus de 4 000 personnes, 36,4 %) et des pays de la Communauté des États indépendants (33 %) ; l’Afrique occupe la troisième.
« L’université accueille des étudiants de nationalités très diverses et encourage les échanges interculturels. Ici, je peux apprendre auprès de personnes aux parcours culturels différents, développer mes compétences et me préparer à mon avenir professionnel, explique Sory Aliou Diallo, du Mali (licence, Linguistique). Mon objectif est de terminer mes études avec succès, d’approfondir mes connaissances en linguistique et de devenir un spécialiste compétent, ouvert au monde et capable de contribuer au développement de mon pays, le Mali. »
Oba Jacques Rony, de la République du Congo (licence, Économie mondiale et affaires), fait observer que, si l’on part étudier à l’étranger, autant choisir un endroit où l’on se sentira bien.
« À la RUDN se côtoient des représentants de nationalités et de cultures différentes, et cela m’aide à découvrir beaucoup de choses nouvelles », dit-il.
Ce que les étudiants africains veulent étudier
Traditionnellement, le classement des filières choisies par les étudiants africains est dominé par Médecine générale. Les Soins infirmiers figurent eux aussi dans les cinq premières, à la quatrième place.
Les deuxième et troisième places reviennent aux Relations internationales et à l’Économie. Le Management ferme le top 5.
Au-delà de ces cinq filières, les candidats africains recherchent également les formations d’ingénieur, de droit, de physique et de mathématiques.
Benichiza Uvera Marie Alice, du Rwanda (diplôme de spécialiste, Odontologie), raconte qu’elle cherchait une université et un pays à la solide tradition médicale. Jean-Pierre Sichugi, de la République démocratique du Congo (licence, Ingénierie), dit exactement la même chose des sciences de l’ingénieur.
Tariku Bedaso, d’Éthiopie (master, Mathématiques appliquées et informatique), souligne que la Russie possède en mathématiques et en informatique une tradition ancienne et reconnue dans le monde entier.
« L’école mathématique russe a formé des chercheurs de niveau mondial et apporté une contribution majeure à des domaines comme l’analyse numérique, la cryptographie, l’optimisation et la théorie des algorithmes. Étudier ici, c’est apprendre dans un système qui accorde une attention particulière à des bases théoriques solides et à une approche rigoureuse de la résolution des problèmes : c’est exactement ce dont j’ai besoin pour progresser comme spécialiste en mathématiques appliquées et en informatique », dit-il.
Pourquoi les étudiants africains veulent étudier en Russie
Parmi les principales raisons qui poussent les étudiants africains à partir en Russie figurent le niveau élevé de l’enseignement et la célèbre culture russe.
Chinyama Kazombo, de Zambie (diplôme de spécialiste, Médecine générale), a choisi la Russie parce qu’il aime depuis l’enfance la littérature russe, et tout particulièrement l’œuvre de Dostoïevski.
« Je suis allé au monastère d’Optina pour en apprendre davantage sur sa vie. J’avais envie de voir le pays qui a offert au monde des livres d’une telle profondeur, et d’y faire mes études », dit-il.
Nama Nama François, du Cameroun (licence, Génie pétrolier et gazier, Académie d’ingénierie), s’est intéressé à la Russie grâce à la musique russe et, curieusement, aux mèmes des réseaux sociaux.
« Ils m’ont donné envie d’apprendre le russe », raconte-t-il.
Apprendre le russe est une autre motivation de poids pour les étudiants africains. C’est notamment ce qu’explique Arnaud Sossou, du Bénin (doctorat, Histoire des relations internationales et de la politique étrangère).
« J’ai compris que la maîtrise du russe me serait utile dans ma future vie professionnelle. Et il est important pour moi d’étudier dans une université qui réunit des étudiants du monde entier : cela développe non seulement les compétences professionnelles, mais aussi une vision globale du monde », dit-il. Le russe, en plus du français et de l’anglais, rend un profil plus compétitif sur le marché du travail international, affirme également Boydi Affia Marie-Emmanuelle, de Côte d’Ivoire (Journalisme international).
Autre raison : le partenariat entre la Russie et les pays africains. Il donne naissance à des programmes nationaux de bourses qui permettent aux étudiants de faire des études gratuites en Russie.
Zakaria Coulibaly, du Mali (licence, Agronomie), le dit sans détour : « J’ai décidé de venir étudier en Russie grâce aux bonnes relations entre mon pays, le Mali, et la Russie. Ces dernières années, la Russie est devenue un partenaire important pour le Mali. C’est pourquoi j’ai décidé de venir ici : pour recevoir une formation de qualité, acquérir de nouvelles connaissances et contribuer plus tard au développement de mon pays. »
Mosa Petere Bernard, de Madagascar, a lui aussi commencé à envisager des études en Russie grâce à un programme de bourses dans son pays. Mais il a également été attiré par le « romanesque » de l’aventure : la possibilité de partir vers un pays lointain.
« Pour moi, la Russie, c’est précisément cet “autre monde”. Il n’y a pas que ses neiges et son froid célèbres : il y a aussi son immense territoire, la diversité de ses cultures et de ses peuples, sa langue et sa civilisation, ainsi que son rôle de premier plan dans la géopolitique mondiale », raconte-t-il.
Oba Jacques Rony, l’étudiant de la République du Congo, a lui aussi commencé à penser à la Russie grâce à un programme national de bourses.
« Notre État l’accorde aux étudiants et leur donne ainsi la possibilité d’étudier gratuitement », raconte-t-il.
Pourquoi ils choisissent la RUDN
Mosa Petere Bernard, de Madagascar, raconte que le choix de la RUDN a été très simple.
« Il suffit de chercher un peu : quelques mots, et l’université apparaît aussitôt dans les classements des meilleurs établissements de Russie et du monde », dit-il..
Boydi Affia Marie-Emmanuelle, de Côte d’Ivoire, a choisi la RUDN parce qu’on y trouve des étudiants de plus de 160 pays : une telle diversité l’aide, en tant que future journaliste, à nouer des contacts internationaux.
C’est aussi pour la diversité des cultures et la possibilité d’étudier aux côtés d’étudiants du monde entier que Jean-Pierre Sichugi, de la République démocratique du Congo, est venu à la RUDN. Benichiza Uvera Marie Alice, du Rwanda, avance les mêmes raisons.
« Ici, le monde entier se retrouve en un seul lieu. En tant qu’étudiante venue du Rwanda, je peux découvrir des cultures différentes, nouer des liens qui comptent et sortir du monde auquel je suis habituée », dit-elle.
Zakaria Coulibaly, du Mali, a choisi la RUDN parce que c’est une université internationale, fréquentée par des étudiants de nombreux pays.
« Ici, je peux non seulement recevoir une bonne formation dans ma spécialité, mais aussi découvrir de nouvelles cultures, améliorer mon russe et me faire de nouveaux amis », dit-il.
Nama Nama François, du Cameroun, a quant à lui choisi la RUDN parce que des membres de sa famille y étudiaient déjà : ce sont eux qui lui ont recommandé l’université.
Comment les étudiants africains s’adaptent à la RUDN
Jean-Pierre Sichugi, de la RD Congo, rappelle que la RUDN est une université créée pour rassembler des étudiants du monde entier.
« Et ici, les études ne se résument pas aux cours : c’est aussi une fraternité. Il règne à la RUDN une atmosphère d’égalité et d’amitié entre les peuples », dit-il.
Tariku Bedaso, d’Éthiopie, rappelle que l’université apporte aux étudiants étrangers un soutien complet : cours de russe, programmes d’adaptation.
« Une communauté accueillante compte aussi beaucoup. Grâce à elle, il est bien plus facile d’étudier ici », dit-il.
Chinyama Kazombo, de Zambie, président de l’Association des étudiants africains de la RUDN (ASSAFSTU, qui fête cette année ses 30 ans), raconte que la plupart des étudiants africains soulignent la bienveillance sincère des enseignants et des camarades de promotion.
« L’adaptation peut malgré tout être difficile. Les principaux obstacles sont les différences entre les systèmes éducatifs, la barrière de la langue et le climat, raconte-t-il. L’université fait beaucoup pour aider à les surmonter : il existe une préparation à l’entrée à l’université, des centres de ressources par discipline et une faculté préparatoire pour l’apprentissage du russe. »
Selon lui, les nouveaux étudiants se heurtent souvent à des difficultés parce qu’ils ne comprennent pas les procédures administratives : on ne saisit pas tout de suite ce qu’est le guichet unique, comment fonctionne le Centre clinique et de diagnostic ou le service chargé des pays d’Afrique.
« Mais nous travaillons à rendre ces démarches plus simples et plus claires pour les étudiants étrangers », dit Chinyama Kazombo.
La vie étudiante à la RUDN
Depuis vingt ans sans interruption, la fonction de maire du campus de la RUDN revient à des étudiants africains. Cela dure depuis si longtemps qu’à la RUDN on dit : « Chez nous, les maires sont toujours des étudiants africains. »
Stephen Sichone, de Zambie, prépare aujourd’hui un master de Marketing international ; auparavant, il a étudié l’Agronomie en licence à l’Institut agraire et technologique de la RUDN.
« Venu de Zambie, j’ai trouvé ici non seulement un lieu où acquérir des connaissances, mais aussi un espace pour me réaliser. Pendant mes études, j’ai pris une part active à la vie étudiante : j’ai occupé des postes de responsabilité au sein de l’Association des étudiants zambiens, j’ai participé à des événements culturels et internationaux et j’ai remporté le concours “Mister Afrique RUDN 2025” », raconte-t-il.
En 2026, la RUDN a accueilli sa Semaine de la culture africaine pour la trentième fois. En 1997, cette Semaine était devenue la première grande manifestation culturelle organisée par les associations d’étudiants par pays d’origine de la RUDN.
La communauté africaine de la RUDN compte aujourd’hui 44 associations d’étudiants par pays d’origine.
« Ces associations sont l’âme de l’université : elles organisent des festivals culturels, des ateliers pédagogiques, des colloques scientifiques et, bien sûr, des activités d’accueil pour les étudiants de première année, souligne Chinyama Kazombo. Les plus spectaculaires et les plus suivis sont les tournois sportifs. Par exemple la Coupe de football, où les équipes de Côte d’Ivoire, du Nigeria et de RD Congo occupent traditionnellement de très bonnes positions : les matchs se jouent avec une intensité incroyable ! »
Les concours « Miss et Mister Afrique », qui se transforment en grands galas, sont eux aussi devenus légendaires.
Chinyama Kazombo souligne que les étudiants africains sont très ouverts à la culture russe.
« Nous adoptons volontiers les traditions, les habitudes du quotidien et, bien sûr, la cuisine : nous ne pouvons déjà plus imaginer la vie sans blinis ni bortsch. En même temps, nous partageons fièrement avec les étudiants russes nos coutumes, notre musique et notre cuisine, dit le président de l’ASSAFSTU. Ces échanges passent par l’Interclub de la RUDN, divers clubs artistiques et nos expositions. Le résultat de cette symbiose, c’est la formation d’un espace multiculturel unique. Nous devenons des “citoyens du monde”, capables d’apprécier et de respecter des traditions différentes tout en préservant notre identité africaine. »
Le Festival international de la jeunesse 2026 s’est tenu à Iekaterinbourg. Pendant les sept jours du festival, la RUDN y a présenté son stand : une vie universitaire en miniature, avec une chambre de résidence, un espace de coworking, une « cuisine » et des installations multimédias. Les visiteurs venus de nombreux pays ne se sont pas contentés de découvrir l’université la plus internationale de Russie : ils ont goûté par eux-mêmes à la vie étudiante.
C’est au Palais du Kremlin que les titres honorifiques furent décernés aux Professeurs honoris causa de l’Université RUDN Patrice Lumumba. S’y produisit également le couronnement du lauréat du Prix de l’Université RUDN en chimie.
Un dimanche d'hiver, à l'occasion de l'exposition «Russie», la RUDN a réuni des étudiants, des partenaires et des collègues et a organisé une conférence intitulée «Nous sommes différents! Nous sommes égaux! Nous sommes ensemble!». L'événement a eu lieu dans le pavillon 57 de la Société russe «Znanie». Ce jour-là, la salle était pleine à craquer.









